Vivre: Libre de pardonner / 2

« La non-violence est infiniment supérieure à la violence, le pardon est plus viril que le châtiment. Le pardon est la parure du soldat. » Gandhi

Comment est-il possible de guérir de ses blessures ? Comment se reconstruire après les coups que la vie peut t’infliger ? Comment reconstruire un cœur brisé ?

Vivre veut aussi parfois dire souffrir. La vie n’est malheureusement pas une toile de Monet, on ne peut pas la changer d’un coup de pinceau… Dans la vie, les taches restent inscrites à jamais. La vie est difficile et nous devons apprendre à vivre, malgré ce que l’on peut traverser. Nous devons certes regarder le meilleur, mais aussi guérir du pire.

Mais comment se relever lorsqu’on est tellement mutilé que notre âme elle-même est touchée ? On pourrait avoir tendance à se laisser aller à la haine afin de soulager, le temps d’un court moment, notre douleur. Mais je crois que, comme Gandhi le dit si bien, la paix est bien supérieure à la violence. Alors le pardon me semble être la juste voix. Le pardon me semble être le seul chemin valable qui permette de panser les plaies d’une âme et d’un corps meurtri. Le pardon, c’est choisir de vivre. Le pardon, c’est décider d’être heureux ! Le pardon est un cadeau, que l’on s’offre à soi-même en premier lieu…

Mais comment pardonner ?

Dans la première partie de ce sujet, j’ai comparé le pardon à une montagne et je pense que comme tout sommet que l’on veut franchir, il nous faut déjà choisir de le faire. Le pardon est un choix, une décision intérieure. Lorsque cette décision est prise, il faut s’équiper. Personne ne décide de gravir le Mont-Blanc en baskets… De même, pour pardonner, nous ne pouvons le faire sans les bons outils.

Pour pardonner sincèrement et durablement, il me semble essentiel d’être déterminé, conscient du chemin à faire… Il faut aussi être entouré(e) des bonnes personnes, qui nous soutiennent dans cette démarche… et ne pas oublier d’ajouter des moments magiques, des soleils dans nos agendas afin de pouvoir faire des pauses le long du chemin…

Il nous faut aussi savoir écouter. Écouter la vie qui nous chante dans les oreilles que le pardon est notre liberté. Écouter l’amour qui nous porte, écouter notre cœur et écouter l’espoir qui achemine les rêves d’une vie abondante et merveilleuse.

Souvent, et c’est humain, lorsque nous avons trop souffert, nous avons tendance à endurcir notre cœur, comme si le rendre dur comme une pierre pouvait nous protéger… Alors qu’en réalité, en nous enfermant sur nous-mêmes, nous nous emprisonnons dans nos rancœurs, nos douleurs et nos blessures. Je pense que c’est une erreur.

Gardons notre cœur sensible et essayons juste d’en prendre soin, de le soigner à coup de douceur, de joies, de rires (même parfois forcés…), de partages, de pleurs et de cris aussi… Se libérer d’un cœur brisé doit se faire au travers de nos émotions…

Pardonner, c’est aussi sortir notre rage, pas n’importe comment bien sûr, mais en hurlant, en pleurant, en se déversant dans l’océan de la compréhension que certains peuvent nous apporter. C’est aussi accepter notre douleur en lui permettant de se manifester, en se vidant jusqu’à ne plus rien avoir à sortir, pour pouvoir enfin se remplir de joie, de bon et de beau.

Pardonner est la plus belle chose qui soit. Pardonner, c’est vivre. Pardonner, c’est se rendre libre. Pardonner, c’est arrêter de souffrir. Pardonner, c’est oublier non pas ses blessures, mais sa douleur. Pardonner, c’est s’aimer et s’offrir une chance de connaître le bonheur…

Lors de ce voyage dans mon pays, je vous ai dit avoir fait deux rencontres qui m’ont marquée et pour lesquelles j’ai dû apprendre à pardonner. La première étant ma mère, la deuxième étant celle d’un homme qui a fait souffrir l’enfant que j’étais. Sans rentrer dans les détails j’ai dû apprendre à lui pardonner la douleur et les blessures qu’il m’avait causées. Mettre des mots sur les maux. Mettre des paroles sur des actes, reconnaître mon statut de victime et accepter les faits.

J’ai dû apprendre à m’aimer en premier lieu et ensuite à lui pardonner afin d’être libre de la douleur et de l’image que j’avais de moi-même. Il est évident que ça a pris du temps, mais si je suis libre de l’écrire aujourd’hui c’est que je lui ai sincèrement pardonné. Je n’ai jamais oublié, je n’oublierai jamais, mais je ne souffre plus lorsque j’en parle. Je n’ai plus honte de moi, je n’ai plus de douleur, je suis aujourd’hui totalement sereine. Peut-être que cela pourrait paraître choquant pour certains, insensé même, mais je préfère vivre libre de pardonner, vivre sans souffrance et rêver à de nouveaux lendemains plutôt que de rester amère, marquée et blessée.

Alors des montagnes de pardon, j’en ai encore à franchir, mais je sais que je vais les gravir, comme toutes celles que j’ai déjà franchies. Je vais pardonner… Toujours et sincèrement… Même le pire… Même l’impardonnable… Je vais garder le meilleur de ma vie en souvenir, afin de pouvoir sourire sans acide, vivre sans faux-semblants et rêver pleinement…

Je vais toujours sourire, peu importe les difficultés de la vie. Je vais aimer, je vais danser, je vais transmettre, donner, offrir, écouter, pleurer peut-être, souffrir encore…

Mais je vais toujours être libre de pardonner, afin de garder ce bonheur qui est le mien tant que je suis en vie. Et cette vie rêvée, la mienne, je la vivrai encore demain…

Je suis Ninie et « I have a Dream »

Merci 😊

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