Chroniques

Se souvenir du meilleur…


Parfois, nous avons tendance à ne regarder que la trace noire sur la feuille blanche. Nous sommes enclins à nous souvenir du pire, mais à oublier le meilleur, alors que c’est le meilleur qui devrait nous habiter et nous permettre d’avancer.

Mon voyage initiatique dans mon pays n’a pas été que déception, j’y ai fait la rencontre du meilleur… Un meilleur que je n’oublierai jamais et qui a permis à mes souvenirs de rester magnifiques et magiques. Oui, ce jour-là, je t’ai rencontré, Toi

Je crois que je t’ai aimé dès les premiers instants. Tu as transformé mes retrouvailles désastreuses en un rayon de soleil, un éclat de joie dans mon cœur… D’ailleurs, je pense très souvent à Toi et je me demande quel genre d’homme tu es devenu… Es-tu papa ? Vis-tu toujours là-bas ? Penses-tu à moi ? Es-tu seulement encore en vie ? Tant de questions qui demeurent sans réponse… Mais je rêve de Toi et je te vois, finissant tes études, saisissant la chance qui t’a été donnée, une jolie fille à tes côtés, des enfants, un foyer : une vie rêvée…

Toi, un de mes meilleurs souvenirs… Comment oublier nos aventures à travers les rues de notre cité, comment oublier l’amour qui nous liait, comment t’oublier, Toi, mon frère ? Frère et sœur, on l’aura été seulement quelques heures, mais tu es toujours gravé dans mon cœur. Le sang qui coule dans nos veines nous unit pour la vie malgré les quelque neuf mille kilomètres qui nous séparent. J’aurais tellement voulu partager avec Toi : ta vie, tes ennuis, tes victoires, tes amours, tes chagrins, tes joies et tes rêves…

Toi, vêtu de chandails, ce jour-là tu m’as souri et sans un mot on s’est compris. Tu m’as fait connaître ta vie et j’ai pleuré en découvrant ce qu’elle était… Toi, mon frère… J’aurais tant voulu te dire que tout aller s’arranger. J’aurais aimé t’emmener avec moi et, en te prenant dans mes bras, te murmurer à l’oreille : « Regarde Sebastian, on vole, on traverse les grandes eaux, on va chez nous et on ne se quittera plus jamais… ». Malheureusement j’ai dû te dire au revoir. Je t’ai laissé, mais je t’ai aussi promis que je reviendrais un jour vers Toi

Toi, mon petit frère… Tu m’as aussi rapproché de LuiLui, dont mon cœur se souvient et qui y a laissé un vide. Lui, parti trop tôt, Lui, mon frère aussi mais dont je ne sais plus rien… Parfois des personnes laissent des traces indélébiles dans nos cœurs et je crois que c’est le cas pour Toi et pour Lui… Mon cœur se souvient de l’amour que j’ai eu pour Toi. J’aurais tellement voulu te revoir, malheureusement ce ne fut pas le cas… Mais ces instants avec Toi dans ce pays qui nous lie, ce pays qui est le nôtre, me donne l’espoir de croire qu’aucun rêve n’est irréalisable… Alors voilà, Sebastian, mon meilleur souvenir dans notre pays, c’est Toi. Et lorsque je repense à Toi, je vois de l’espoir, de la joie, de l’amour… Mon cœur se remplit de douceur et j’espère un jour te retrouver… Toi

Se souvenir du meilleur, voir le bon, le beau, le bien et ne pas faire attention à la noirceur. Oui, je pense que si l’on apprenait à se concentrer sur le meilleur, nous serions plus heureux. Cela nous permettrait d’ouvrir notre cœur à la beauté, plutôt que de nous laisser attrister par toutes ces choses qui pourraient nous blesser et qui peuvent exister, ces situations enclines à nous faire du mal. On serait alors plus prompt à pardonner, afin d’être capable de vivre heureux pour de vrai…

Vivre, c’est connaître le bonheur, voir la vie en rose, pardonner et surtout se souvenir du meilleur… C’est ne pas oublier les moments qui nous ont rendus heureux, les partager avec d’autres afin de vibrer et de se sentir vivant.

Vivre, c’est un cadeau qu’on a tous reçu à notre naissance. Vivre ne se gâche pas, mais s’apprécie. Et si, dans mon brouillard, je n’arrive plus à ressentir cela, je me souviens du meilleur et je repars à la conquête de bien plus…

Je ne veux pas laisser les mauvaises choses m’abattre, mais je fais de ma vie un rêve, je crée mon demain en regardant vers le meilleur… Vivre c’est rêver et croire en soi. Je ne laisserai plus jamais personne me décourager. Je l’emmènerai plutôt avec moi, dans un rêve éveillé, et je lui monterai ce que vivre peut signifier…

Et lorsque l’essence de vie s’arrêtera un jour de couler en moi, lorsque ma journée sera achevée et qu’il sera l’heure de m’endormir pour l’éternité, je fermerai les yeux, je sourirai et je ne repenserai qu’au meilleur…

Voilà le charme de la vie, s’accrocher à vivre intensément et mourir avec ses souvenirs. Se sentir vivant jusqu’à son dernier souffle, et passer dans l’éternité le cœur léger…

Mes bons souvenirs sont le moteur de ma vie. Je compte en créer plein d’autres, afin de pouvoir remplir mon être du meilleur et de ce que vivre peut représenter…

Je suis Ninie et « I have a dream »

Merci 😊

Vivre : Libre de pardonner/ 1

Un jour, par hasard, je suis tombée sur une phrase qui m’a marquée, une phrase que je n’oublierai jamais…

« Le Pardon est une puissance qui libère. »

Je suis toujours étonnée de voir à quel point mes enfants ont besoin d’être pardonnés et pardonnent avec une aisance déconcertante. Peu importe ce que l’on peut leur faire, l’innocence qui les habite leur permet de pardonner avec une étrange facilité. Mais ils ont aussi besoin de se sentir pardonnés, afin de pouvoir avancer…

On a souvent l’impression que si l’on pardonne, on libère l’autre, mais je crois qu’en réalité pardonner, c’est se libérer d’abord soi-même ! Et la liberté, n’est-ce pas ce que chacun d’entre nous recherche ?

Le pardon ressemble à une montagne que l’on doit gravir… Incroyablement belle lorsqu’elle se dresse devant nous, mais souvent semée de difficultés et le chemin pas toujours tracé. Parfois même, des pauses sont nécessaires pour atteindre la cime. Mais lorsque le sommet est là et que nos pas victorieux foulent, non sans fierté, le chemin de crête, un sentiment de liberté nous saisit. La montée hasardeuse est oubliée, seule la joie demeure. Le pardon est cette montagne, mais la liberté offerte à ceux qui s’y aventurent et atteignent le sommet vaut l’épopée tout juste affrontée…

Lorsque j’étais adolescente, je suis partie pour un voyage que l’on peut dire « initiatique ». Je suis allée de l’autre côté d’un océan, à la rencontre d’un pays que je ne connaissais plus vraiment, le pays de mes origines, un pays verdoyant. Un pays offrant une diversité de natures incomparable, des paysages mémorables, des marchés colorés, des senteurs riches et nouvelles, mon pays, Ma Terre… Lors de ce grand voyage, j’ai fait deux rencontres qui ont profondément marqué ma vie et mes souvenirs, mais je n’en parlerai que d’une pour l’instant. Suite à ces rencontres, j’ai beaucoup souffert et j’ai dû apprendre à pardonner…

Quelques temps après notre arrivée dans ce pays, j’entrepris d’aller à la recherche de mon passé et par une chance incroyable (ce genre de cadeau que la vie t’offre généreusement), j’ai pu trouver ce que je cherchais. Je suis alors partie pour des retrouvailles qui devaient être celles dont j’avais rêvé. Je ne me rappelle plus vraiment les chemins empruntés pour retrouver ce passé, je ferme les yeux pour essayer de me souvenir, mais malheureusement rien ne me vient… Alors je ferme les yeux et j’imagine : une route à travers les montagnes émeraude, des femmes aux habits colorés nous saluant en reconnaissant la petite fille d’autrefois, des hommes dans les champs transpirant sous ce soleil brûlant, des bus qui débordent de fruits exquis… Je redécouvre la magie d’un pays lointain et en imaginant ces souvenirs, je souris…

Et en arrivant dans ma ville natale, je vis une silhouette se profiler… Elle était là… Petite, les cheveux bouclés, de corpulence moyenne avec un chemisier jaune moutarde et un jean, Elle m’attendait, celle à qui je dois la vie… Elle était là, ma mère, Luz-Marina, ma lumière marine… Mon cœur semblait s’être arrêté. Le monde pouvait trembler, cela n’avait aucune importance, car Elle était là… 

Elle, belle et réelle… le temps s’était comme suspendu…

Je crois que c’est l’une des premières fois que je pose vraiment des mots sur cette rencontre. On me demande parfois : « Alors, tu as retrouvé ta mère biologique ? C’était comment ? Vas-y raconte ! ». Mais il est vrai que je reste assez évasive et je ne réussis pas à exprimer ce que je ressens vraiment… Je n’arrive pas à expliquer avec ma langue ce que mon cœur garde secrètement. Souvenez-vous de ce que je vous ai écrit il n’y a pas si longtemps : « Je préfère donc écrire et me délecter de ces mots que je peux ajouter ou corriger au gré de mes envies… L’écriture est mon expression et j’ai besoin de m’exprimer. »

Attablée avec Elle, mes parents et un traducteur, une discussion s’engagea, discussion qui ne fut pas entièrement gravée dans ma mémoire. Il faut dire que j’étais bien trop occupée à la contempler. À observer son nez, sa bouche, à scruter chacune de ses boucles brunes, à regarder sa montre, sa chemise, ses oreilles… Elle était là, et Elle était ma mère… Je bouillonnais de l’intérieur et mon cœur battait la chamade… Elle et moi réunies, je n’arrivais pas à le croire…

Je l’admirai avec un sentiment inexplicable quand une phrase, un échange attira mon attention et brisèrent l’éclat de ce moment. Elle ne se souvenait plus ! Elle m’avait oublié, comme on abandonne un petit chien à la SPA que l’on délaisse, ma mère m’avait abandonné au fin fond de sa mémoire… Mon cœur se brisa à cet instant, je saignai, mais je ne pleurai pas. Ma blessure était là, sanglante et profonde. Je l’ai détesté, haïe même. J’avais passé treize ans à penser à Elle, cent cinquante-six mois à ne pas l’oublier et plus de quatre mille huit cents nuits à rêver d’Elle… Mais Elle, Elle m’avait juste effacée, comme ça, comme l’on oublie un vieux livre au fond d’un tiroir, une paire de bottes dans un placard. Je me sentais à nouveau abandonnée. J’étais folle de rage, je hurlais de l’intérieur… Oui, autant j’avais pu l’idolâtrer, autant à ce moment, je la haïssais de m’avoir trahie, d’avoir osé me blesser… Une deuxième fois…

J’ai pris des années avant de pouvoir lui pardonner, comprendre qu’Elle avait peut-être involontairement occulté de sa mémoire le souvenir de son enfant… J’ai mis du temps avant de percevoir sa fierté lorsque, pendant toute une journée, Elle m’a présenté comme sa fille à ses amis. Sa fille venue de l’autre côté des grandes eaux… 

Gravir cette montagne a été, je pense, une des choses les plus dures que j’ai eu à faire dans ma vie. Je suis tombée plusieurs fois, j’ai pleuré, hurlé, prié aussi, mais j’ai finalement réussi à laisser tomber les armes et à pardonner. Mon cœur ne souffre plus lorsque je revois son visage. Elle est l’autre femme… Elle est ma mère. Je suis guérie de ma haine. Mais il y a toujours, au fond de mon âme, des séquelles et des cicatrices : j’ai été une enfant abandonnée. J’ai donc encore besoin de prendre soin de ce cœur brisé, il souffre encore de nombreuses blessures et peut être que ça prendra une vie entière pour guérir complètement… 

Mais aujourd’hui, je suis en paix avec Elle. Je suis en paix avec mes origines, mes racines et mon pays, que j’espère un jour pouvoir retrouver et, qui sait ? Peut-être, la revoir… Elle…

Le pardon est une puissance qui libère. Je suis libre d’aimer à mon tour afin d’offrir des racines et des ailes à mes enfants…

« La rencontre » été 99

Je suis Ninie et « I have a dream. »

Merci 😊

Vivre: La vie en rose…

« Vivre est la chose la plus rare. La plupart des gens se contentent d’exister. » Oscar Wilde

Vivre est un cadeau qui nous a été donné à la naissance, mais que signifie vivre ? Vivre, c’est exister, mais n’est-ce pas tellement plus que ça ? 

Pour moi, vivre, c’est donner, recevoir, découvrir et s’émerveiller. Vivre ne consiste pas seulement à une routine quotidienne, même si elle est inévitable et parfois sécurisante, vivre ne peut pas s’arrêter à ça. 

Vivre, c’est : observer la nature qui s’éveille, respirer en sentant l’air remplir chaque partie de ses poumons et constater à quel point on est vivant… Écouter le doux bruissement du vent entre les feuilles, sentir sa caresse sur son visage et s’arrêter un instant… Savourer les doux rayons du soleil et les laisser nous réchauffer jusqu’au plus profond de nous, jusqu’au cœur-même… Voir les merveilles de la création, la beauté de ce monde et profiter du présent… Se réjouir en voyant une hirondelle traverser le ciel et s’extasier en apercevant, un court moment, un petit écureuil grimper vers son nid, furtif et discret…

Vivre, c’est exister, certes, mais c’est tellement plus…

Vivre, c’est : admirer les yeux pétillants de nos enfants, les voir jouer, rire et grandir… Sentir le papillonnement d’une vie en soi, partager cette joie et se préparer à accueillir son enfant… Mais aussi tendre la main à un orphelin, après des mois d’efforts, le recevoir et l’aimer parce qu’il fait partie des tiens… Comprendre qu’être parents ne réside pas dans le sang, mais dans l’amour que l’on donne, inconditionnellement. Offrir une chance et donner, sans conditions… S’enivrer du doux parfum de notre maisonnée, se laisser paisiblement aller à la tranquillité d’un chez-soi rassurant et fermer les yeux, en écoutant les bruits familiers de notre foyer… Apprécier les caresses de celui qu’on a choisi et se sentir exister, lors d’un instant comme suspendu, flottant en apesanteur dans ce bonheur.

Vivre, c’est exister, mais c’est tellement plus…

Vivre, c’est danser sous la pluie malgré les épreuves de la vie, se battre et avancer… C’est ne jamais laisser le chagrin nous détruire, car vivre, c’est parfois pleurer, mais c’est surtout apprendre à se relever… C’est connaître ses limites mais les repousser aussi, quelques fois… C’est être folie le temps d’une trêve et ne plus se soucier du regard des autres, sauter, vibrer et frémir… C’est redécouvrir l’enfant qui sommeille en nous et se laisser aller à sauter à cloche-pied dix fois d’affilé, effeuiller une pâquerette, observer des fourmis ou des gendarmes, mettre ses mains dans la farine, cueillir des coquelicots, laisser couler l’eau sur sa peau, se faire une barbe avec la mousse de son bain, se rouler dans la neige, observer les flammes du feu danser, devenir chevalier, policier, princesse ou fée, croire et rêver à des choses impossibles…

Vivre, c’est exister, mais c’est tellement plus…

Vivre, c’est aussi se fâcher de temps en temps, mais se réconcilier encore plus souvent… C’est se souvenir du temps qui passe, regarder en arrière avec nostalgie et vieillir avec le sourire… C’est aider son prochain et lui offrir sa main, juste comme ça, pour faire le bien… C’est ne pas se regarder trop souvent, pour ne pas oublier de voir les gens. Rencontrer ses voisins, ces personnes que l’on croise tout le temps. Dire bonjour, s’intéresser vraiment, s’enrichir de l’autre et créer des amitiés… Mais vivre c’est surtout propager l’amour, encore et encore, aimer ce monde sans retour et balancer des bombes d’amour… C’est aussi écouter de la musique en mangeant une tartine, boire un thé chaud en observant les saisons défiler à travers les carreaux, sentir la marée caresser nos pieds et s’enliser agréablement dans le sable humide et doux… C’est lire blottie au chaud, dans son lit douillet… C’est caresser son chat ronronnant des heures durant… C’est voyager et découvrir de nouvelles contrées, s’immerger dans d’autres cultures et ouvrir notre esprit, afin de pouvoir s’embellir intérieurement.

Vivre, c’est exister, mais c’est tellement plus…

Aimer, grandir, mûrir, devenir, choisir, créer, transmettre, donner, être, offrir, aimer encore… Aider, rencontrer, observer, respirer, se souvenir, rire, découvrir, exister, s’enivrer, écouter, lire, danser, écrire, sentir, jouer, sourire et surtout rêver…

Vivre, c’est tellement plus…

Alors, assise sur cette chaise devant ma fenêtre, le soleil réchauffant l’atmosphère de cette matinée d’hiver, avec Israel Kamakawiwo dans les oreilles, j’observe à travers les carreaux cette montagne que j’apprécie tant, enneigé et magnifique. Je pense, je souris, je respire, et un frisson de plaisir me parcourt de haut en bas, en faisant perler sur ma peau de petits boutons de joie. C’est alors que, tressaillant de la vie qui est en moi, je prends le temps d’exister, et bien plus que ça… 


Je prends le temps de vivre…

…de vivre ma vie en rose.

Je suis Ninie et « I have a dream »

Merci 😊

Vivre: Le bonheur ne vient jamais seul…

« Seul celui qui sait vivre heureux mérite de vivre. » Van Minh

Le bonheur est une quête que chacun doit mener, seul, face à soi-même…

J’ai longtemps cherché le bonheur, je me suis imaginé que, tel un trésor, il nous fallait partir à sa recherche… Fouiller des recoins sombres, explorer de Nouveaux Mondes et trouver des indices, dans les parcelles de nos cœurs.

Cela ne fait, en réalité, que peu de temps que j’ai enfin compris : le bonheur ne se cherche pas dans nos vies souvent chaotiques, il ne se gagne pas après une longue chasse, comme un trésor de pirate. Le bonheur s’accepte, il se décide et il se reçoit. Pour la rêveuse aventurière que je suis, il me fut difficile d’accepter cette vérité, j’avais cette sensation de facilité qui enlève le plaisir d’une quête. Or, ce n’est que par la suite que j’ai compris que le défi n’est pas de connaître le bonheur, car c’est finalement chose facile, mais c’est de le garder, car il est fragile, délicat et on doit en prendre soin…

Lorsque j’ai construit mon propre foyer, j’ai connu des jours de soleil, des jours de pluie, des jours trop longs et des jours trop courts. J’ai vécu des joies, essuyé des peines, et j’ai même connu des jours sans émotion, où la lassitude est reine. Et dans ce méli-mélo de sentiments, je n’arrivais pas à comprendre pourquoi mon bonheur n’était pas constant. J’en ai passé des années à virevolter aux grés de mes sensations, telle une feuille morte emportée par un vent d’automne, tournant et retournoyant dans les airs, s’envolant vers l’inconnu. Mes émois ont rythmé la partition de ma vie, mais le chef d’orchestre faisant défaut, la symphonie sonnait faux. Un coup oui, un coup non… Un coup heureuse et un coup non… Ma vie semblait être des montagnes russes si bien que, par instants, j’en avais même la nausée, celles semblables à des prémices d’une grossesse, à la différence près que ces nausées-là n’avaient pas ce goût de vie…

Puis, une nuit, sans un bruit, une douleur est apparue…

Des douleurs, j’en avais déjà connu. Certaines m’avaient même inquiétée beaucoup plus que nécessaire et elles avaient été le sujet de nombreuses moqueries. Mais cette douleur-là était différente, car de cette douleur, une richesse me fut donnée : la compréhension du bonheur.

Elle est étrange cette phrase… Un mal peut-il conduire à un bien ?

De prime abord, ce souci me dirigea d’abord chez des médecins, plusieurs en effet, puis j’ai passé une batterie d’examens, j’ai eu peur, beaucoup. J’ai passé des nuits entières à me questionner sur le fondement de ce mal. J’ai passé des heures à méditer sur son origine. J’ai passé des jours à m’imaginer une autre vie, une autre moi, et plus je pensais, plus je sombrais. La petite fille au fond de moi était tétanisée, j’avais l’impression de me noyer, des vagues de terreur s’abattaient sur moi, il m’arrivait fréquemment de me réveiller en sursaut et de sentir mon pouls cogner si fort dans ma poitrine, que ce bruit ahurissant m’empêche de me rendormir paisiblement. Mais le pire de mon mal se trouvait dans cette incertitude qui planait, comme une ombre au-dessus de moi.

Alors, un matin, après avoir posé mes enfants à l’école, assise seule dans mon salon, ces douleurs se montrant usantes et lancinantes, j’ai hurlé aussi fort que possible. Je n’étais plus « maître de moi ». Je n’étais simplement devenue que souffrance. Et j’ai pleuré, encore et encore, sans pouvoir m’arrêter, des larmes salées me brûlaient les joues, ma respiration s’étouffait dans mes sanglots et cette douleur m’arrachait de l’intérieur. C’est alors qu’à ce moment précis, j’ai imaginé ma vie s’arrêtait. Presque comme un soulagement, une apothéose, je me suis dit que le silence de l’éternité m’était peut-être destiné…

Me laissant ainsi voguer par des pensées meurtries par ma chair, mon regard se posa sur un jouet au sol, un petit soldat en plomb, mon fils avait dû l’oublier là le matin-même. Ainsi, en observant ce bonhomme inanimé, dans ce désespoir et ces ténèbres par lesquelles je passais, j’ai compris, j’ai décidé à quel point j’aimais la vie et ô combien j’aimais ma famille aussi… Je n’avais pas le droit de me laisser aller…

J’acceptai, enfin, que je n’aurai pas le contrôle sur la mort, seule la vie m’appartenait. Alors je me souviens, après avoir pleuré jusqu’à ne plus respirer, jusqu’à ne plus avoir de larmes à donner, me sentir en paix. Une paix parfaite qui m’emmena dans un sommeil paisible et je compris ce qu’être libre représentait. Alors, ce matin d’hiver, dans mon salon, au coin du feu, je goûtai à la genèse d’un renouveau…

Du mal peut-il y avoir pour réponse un bien ?

En me réveillant de ce repos réparateur, je sentis que je n’étais plus cette fille tourmentée, je sus qu’une nouvelle personne était née : une adulte au cœur d’enfant, ne craignant plus pour son avenir. Même si le pire devait arriver, elle était décidée à croire, vivre et espérer.

Et ce fut là, sans artifice, avec délicatesse et tendresse, que le bonheur prit place dans mon être, pour ne jamais disparaître…

Le bonheur, je l’ai reçu ce jour-là comme un cadeau. Alors, chaque jour, je l’arrose de joie, je lui raconte mes rêves d’enfant, je lui chante des hymnes d’amour, je rêve avec lui d’aventures incroyables et je le berce tout doucement d’un rire que rien ne pourra ébranler. Le rire est le chemin le plus direct au contentement et celui-ci conduit également au bonheur…

Les abysses de la vie peuvent essayer de m’engloutir, je choisis de regarder à la lumière de la Vie et au travers du Bonheur, je choisis d’exister.

Le bonheur ne vient jamais seul, il s’accueille d’un oui et s’accompagne de sourires, de rires, d’assurance, de tendresse, de douceur, de joies et d’amour…

Je suis Ninie et « I have a dream »

Merci 😊

(Oser) rêver tout simplement…


« Si tu peux le rêver, tu peux le faire » Walt Disney

Que signifie rêver ? Est-ce une multitude de pensées irréalisables ? Croire en l’impossible ? Est-ce une manière de vivre un désir brûlant ? Notre âme nous permet-elle de rêver, car du rêve naît l’invention ?

Vincent Van Gogh disait : « Je rêve de peinture, puis je peins mon rêve. ».


La Maison à travers les roses, Claude Monet, 1925

Lorsque je me mets à rêver, j’insuffle une idée, et de cette inspiration naît mes créations. Tous les artistes sont de grands rêveurs et tous les rêveurs sont de grands artistes…

J’ai toujours aimé l’Art. Je crois que certaines formes, certaines lignes m’interpellent, certains chefs d’œuvre me troublent jusqu’au plus profond de mon être. J’ai toujours apprécié me rendre au Musée des Beaux-Arts pour admirer mes œuvres préférées, contempler toutes ces histoires figées sur la toile et semblant défier le temps. Chaque peinture raconte quelque chose, celle déposée sur son support bien sûr, mais aussi, et peut-être inconsciemment, celle de son auteur…

Van Gogh, illustre peintre, me fascine et m’effraie à la fois : il émane de certains de ces tableaux une sorte d’hostilité. Sa Nuit étoilée, par exemple, m’a toujours intimidée et j’ai le sentiment que sous ses airs tranquilles, ce ciel astral peut engloutir mes rêves d’enfant. Les étoiles semblent danser frénétiquement telles des sorcières, malfaisantes et démoniaques lors de leur sabbat et de leurs fêtes sataniques, voulant arracher l’espoir de rêves prometteurs aux simples mortels.


La nuit étoilée de Vincent Van Gogh, juin 1889

Mais du même personnage et de la même main, je suis envoûtée par son Semeur au soleil couchant, qui me porte avec légèreté dans une atmosphère apaisante. Son soleil éblouissant chasse, d’un seul rayon, les ténèbres qui me hantent. Sa chaleur et sa clarté transperce mon âme, jusqu’à transporter mon cœur vers une quiétude surprenante, comme si face à cette toile, rien de mal ne pouvait m’atteindre.


Le semeur au soleil couchant de Vincent Von Gogh, juin 1888.

Et voilà pourquoi, entre fascination et terreur, Van Gogh ne peut m’inspirer confiance. Je respecte cet artiste, ses œuvres sont authentiques, il a peint avec son cœur et ses tripes. Il a peint ses rêves accompagnés de sa folie, et si tu observes bien et que tu portes un regard attentif entre les lignes et derrière ses coups de pinceau, sa démence a pris place dans ses tableaux.


L’été. Champ de coquelicots, Claude Monet, 1875

Je ne peux pas vous parler de rêve sans vous parler de l’impressionniste qui, depuis aussi loin que remonte ma mémoire, fait vibrer mon cœur : Claude Monet. Chaque tableau de Monet est un songe exquis, un délice. Ses toiles sont de véritables histoires d’amour, elles racontent l’éternité, la douceur, l’espoir… la Vie !

Monet peint du rêve et des merveilles. Comment ne pas s’extasier devant ce champ de coquelicots, qui nous invite à déposer nos chagrins ou nos soucis et, le temps d’un moment, s’accorder un sursis ? Comment ne pas tomber amoureuse en s’imaginant adossée sur la rambarde de ce petit pont, surplombant le cours d’eau où de sublimes nénuphars abritent quelques grenouilles qui croassent gaiement, entourées de cette nature luxuriante ? Et comment ne pas avoir envie de vivre pour s’enivrer encore de la beauté de cette création époustouflante, que Monet peint avec légèreté, point après point ? Un tableau de Monet est l’image du bonheur, il appelle à aimer et à se souvenir que vivre n’est pas simplement subir un quotidien, mais créer le sien. Un Monet m’inspire…


Le Jardin en fleurs, Claude Monet, 1900

Mais qu’il s’agisse de Monet, Molière, Mozart ou qui sais-je encore, chacun d’entre eux ont commencé par croire en un rêve, leur rêve. Le rêve de transmettre et de créer.

Le rêve, comme l’amour, est mon moteur, ma raison de vivre. Je rêve donc je suis. Parfois je me demande si je ne rêve pas avant même de vivre, car si ma vie ne s’accompagne pas de rêves, subsister dans ce monde devient mécanique, le désespoir s’installe, je fane et je me meurs. Comme une fleur qui a besoin de terre et d’eau pour s’ouvrir, Ninie a besoin d’espoir et de rêve pour vivre. Tel un coquelicot qu’on arrache et qui se flétrit entre des mains assassines, je ne peux survivre en étant arrachée aux rêves de la vie…


Bras de Seine près de Giverny, Claude Monet, 1897

Je rêve d’écrire, je rêve d’aimer, je rêve de voyages, je rêve d’espoirs, je rêve de vivre, je rêve d’avenir, je rêve du passé, je rêve de voler, je rêve de danser, je rêve de rire, je rêve de jouer, je rêve de celle que j’étais et de celle que je serai. Je rêve de mon aimé, je rêve de mes enfants, je rêve de mes parents, je rêve de mon petit frère, mais je rêve surtout de Lui, l’Amour infini.

Je rêve de rêver, je rêve donc je suis…

Mes rêves me permettent de croire en l’avenir, de voir la beauté, de voir la lumière, de croire en moi et de croire en cette vie.


Chemin dans les blés à Pourville, Claude Monet, 1882

Quand je rêve, je crée. Je crée des mondes, des idées, des envies, je transforme une journée banale en une fabuleuse symphonie. Et lors de jours sombres, lorsque je me sens fatiguée ou que j’ai l’impression que chaque pas me coûte plus qu’il ne devrait, je vole, je lis, j’écris et j’aime. C’est alors que dans mon obscurité une bougie s’illumine, celle de l’espoir qui chuchote à la vie : Crois, Rêve et Vas-y !


Soleil couchant à Étretat , Claude Monet, 1883

Alors, doucement, je sèche mes larmes, je chasse mes angoisses, je révoque ma peur, je respire profondément, je souris, je ris et je vis…

… je vis en rêvant tout simplement…


Automne sur la Seine, Argenteuil , Claude Monet, 1873

Je suis Ninie et « I have a dream »

Merci 😊

Oser rêver en volant

Un des rêves de l’homme n’est-il pas de pouvoir s’envoler ? Tel un aigle majestueux, pouvoir transpercer les nuages, ne pas avoir de frontières, traverser des mers, toucher le soleil…

Enfant, j’ai regardé un film de Walt Disney qui m’a beaucoup fasciné : Peter Pan. Ah quel film ! Attraper un peu de poussière de fée, partir au pays imaginaire et surtout voler ! Croiser des sirènes, des pirates, des indiens, être tour à tour Clochette, Wendy ou la Princesse Lili-La-Tigresse. Quelle aventure ! Quel rêve !
Ce film fait partie des dessins animés qui ont marqué mon enfance, de par son histoire attachante et féerique, mais surtout étant donné ce qu’il s’est produit par la suite…

Petite (je devais être âgée de 7 ou 8 ans), je me suis réveillée en pleine nuit. Est-ce un mauvais rêve qui me tira de mon lit ? Je ne m’en souviens plus… La maison était tranquille, tout le monde dormait paisiblement. En me levant, j’observai dans la chambre de mon petit frère si tout allait bien. Il était entré dans ma vie, avec trop de diligence à mon goût, mais je m’étais surprise à l’aimer beaucoup.

Je crois qu’en vérité, j’avais peur que le cœur de mes parents, ces héros, ne suffise pas pour nous deux. Ce ne fut pas le cas lors de son arrivée, car je ne savais pas, à l’époque, que le cœur des parents a cette capacité de grandir et de s’élargir à l’infini.

Il était là mon petit frère, son petit doigt dans la bouche. Sa respiration était toute douce. Malgré toutes mes jalousies de petite fille, oui, je m’étais attachée à lui. Je restais là, quelques instants, à prolonger ma rêverie et à imaginer nos jeux à venir…

La soif me tira brusquement de mes songes et je me rendis donc à la cuisine pour prendre un verre d’eau fraîche. Puis, une fois ma gorge apaisée et pour je ne sais quelle raison, une idée folle me vint soudain à l’esprit : et si j’essayais de voler ?

Cela peut sembler ridicule, tout le monde le sait bien, vouloir voler est insensé, étais-je une enfant crédule ? Dans mon cerveau, dans la pensée de la petite fille que j’étais, j’y croyais sans aucun doute, j’étais née pour ça ! Je pourrais voler et même sans poussière de fée.

J’entrepris alors d’escalader un des canapés du salon, celui faisant face à la baie vitrée et qui donnait sur le jardin familial, où un splendide cerisier nous servait de tonnelle lors de nos déjeuners estivaux et nous couvrait de ses fruits délicieux. Il fut aussi l’observateur silencieux de nos espiègleries enfantines et permises, de nos périples lorsque l’on se donnait pour défi d’en atteindre le sommet. Je me mis donc debout sur le dossier, je fermai les yeux : « un, deux et troooiiiis !!!».

Je pourrais vous dire que rien ne se produisit, mais il n’y aurait pas d’histoire et pas de récit.

Mes pieds décollèrent doucement du sofa, j’ouvris alors la fenêtre et partis toucher les étoiles. Ce fut une expérience extraordinaire, quelle sensation incroyable, je sentais le vent caresser mon visage et glisser le long de mes doigts. Alors, entre ciel et terre, quelques larmes perlèrent sur mes joues, la joie sûrement… Je pus apercevoir une chouette, me regardant ébahie, même elle n’en revenait pas.

En prenant un peu de hauteur, je découvris les lumières scintillantes de la ville, j’entrevis quelques passants hâtifs, la beauté de la nuit était surprenante et ce spectacle était à la hauteur de mes attentes.

Puis, tout à coup et comme pour m’avertir de l’heure tardive, l’horloge de l’église sonna trois fois et je sus qu’il était temps de regagner mon foyer. Sans bruit, je rentrai et me rendormis rapidement, le grand air m’avait épuisé.

Le lendemain matin, je tus ce qui m’était arrivé, c’était mon secret, mon rêve. Alors, depuis cette nuit-là et plusieurs nuits d’affilée, je pris mon envol, me laissant porter par les courants, je vécus des odyssées palpitantes et j’ai pu ainsi découvrir le monde !

Le rêve pris fin lorsqu’un matin, après une nuit de voyage et ne pouvant plus tenir ma langue, je racontais à mon jeune frère les exploits de mes nuits précédentes. Voulant lui montrer mon don si particulier, je montai, comme j’en avais pris l’habitude, sur le dossier de mon fauteuil préféré et sans l’ombre d’une hésitation, je m’élançai. La chute et la douleur furent mémorables.

Je me levai et recommençai, plusieurs fois. Impossible ! On m’avait coupé les ailes. Interdite, je ne comprenais pas, mais que se passait-il ? Mes pieds semblaient être aimantés au sol, comme si une force m’attirait vers le bas. À partir de ce jour, je n’ai plus jamais pu m’envoler.

De temps à autre, lorsque mes parents avaient le dos tourné, je remontais sur ce canapé en cuir brun témoin de mes nombreux décollages, mais la déception était toujours la même, cuisante…

C’est bien des années plus tard, alors que j’étais déjà maman, que je pus à nouveau voler. Malheureusement pas de la même manière que lorsque j’étais enfant, mais avec tout autant de passion.

Je découvris, un petit peu par hasard, un endroit où voler était envisageable, où croire en ses rêves était possible : un studio de danses aériennes. Vous me direz qu’on est bien loin de mes escapades nocturnes et je ne peux que comprendre votre raisonnement, mais lorsque suspendu à mon cerceau aérien, accrochée à ma barre en acier, je ferme les yeux, je retrouve cette liberté et cette adrénaline. Tournoyant autour de ma barre de pole dance, décollant lors de chutes maîtrisées, je vole. Et je danse aussi.

Ninie by Clem Piller

Voler est une danse. Et danser, en outre, c’est transmettre. Lorsque l’on danse, le corps raconte une histoire par des gestes, des impulsions, il se meut et exprime ses émotions. Pour danser, il convient de sentir son corps, d’en prendre le contrôle, de l’adopter. Il est nécessaire de croire en lui et de lui faire confiance.

Nous devons le recevoir et l’accepter tel qu’il est, malgré ses défauts, malgré les traces indélébiles que les années ont déposées, malgré les vergetures et la cellulite. Nous devons consentir à l’aimer, ce corps, ce cadeau même, car nous n’en avons qu’un et il a le droit à tout notre respect. Il faut apprendre à le câliner et en prendre soin, ce corps sans qui on ne pourrait rien…

Des voyages, un rêve, un corps, une danse, des envols, une vie… Qui a dit que vivre n’avait pas son charme ?

Ninie by Clem Piller

Je continue, aujourd’hui encore, à danser et à voler. J’ai même été sur scène, pour me défier moi-même, pour croire en cette chair que je peine encore parfois à accepter. J’ai aimé offrir ce corps aux spectateurs, comme si sous leurs yeux il n’était plus qu’un instrument, il ne m’appartenait plus, il ne dépendait plus de moi, il bougeait au gré de la musique, il connaissait les pas. 

J’étais libre et, le temps d’un instant, je volais encore une fois…

Peut-être faut-il ne pas oublier nos rêves d’enfant afin de pouvoir oser, oser rêver et, pour ma part, oser rêver en volant…

« Je suis Ninie et I have a dream »

Merci 😊

Oser rêver en aimant

« L’amour ne donne aucun droit sur l’autre, seulement le devoir de le respecter. » Citation de Jacques Salomé

Comment vous parler de moi sans vous parler d’amour ? L’amour m’anime, il remplit ma vie et mon esprit. Jusqu’aux tréfonds de mon âme, l’amour a pris sa place, sans lui ma vie ne serait que déséquilibre. J’ai besoin d’amour autant que j’ai besoin d’air pour vivre. L’amour est un moteur et il m’accompagne depuis ma naissance…

J’ai toujours su que j’étais aimée. Aussi loin que je remonte dans mon passé, je sais que j’ai été chérie. Je ne dis pas que je l’ai toujours ressenti, mais je l’ai toujours su. Ressentir l’amour que l’on peut nous offrir peut-être difficile à accepter, surtout lorsqu’il nous renvoie à un vide ou à une blessure que le cœur possède. Mais en réalité l’amour est un cadeau. L’amour, le vrai, le bon, le beau, le puissant Amour est une forme de magie dans l’univers. Je ne parle pas de la magie qui s’accompagne de fées, de sorcières ou que sais-je encore, mais de la magie qui crée une impression forte et inexplicable, au point de transformer nos cœurs. Je parle de cet Amour-là, de cette magie-là qui transcende toute chose !

Je suis née dans une petite ville, nichée dans les montagnes d’un pays lointain. Une petite ville au marché coloré, où des fruits délicieux et exotiques se comptent par centaines, où des étalages d’épices enivrent délicieusement l’air… Où l’on peut entendre des poules qui caquettent bruyamment, où l’on peut sentir l’odeur alléchante de mets exquis qui parfume les rues, invitant chaque habitant à se retrouver aux pieds de la magnifique église de rouge vêtue, qui se dresse fièrement en surplombant la place principale. Je suis de cette ville où l’extrême pauvreté a tristement sa place, ma maison n’avait pas grand-chose à envier aux bidonvilles de la capitale. Peut-être qu’elle avait le droit à une porte, contrairement à certaines habitations. Mais croyez-moi, les plus pauvres logements de nos régions semblent plus riches que cette maison-là. Je suis née là-bas, dans ce pays qui n’est le mien que par le sang qui coule en moi, ce pays qui m’a offert à l’adoption, ce pays que j’aime et que je redoute, ce pays où la misère côtoie de près la démesure, ce pays où la musique fait partie du quotidien, où la danse efface, pour quelques temps, le chagrin…
Ce pays que je ne connais plus très bien, mais qui, j’espère, me retrouvera un jour.

Au cœur de ce pays vivait une femme, sa vie n’était pas facile et son combat quotidien, mais grâce à elle, grâce à son sacrifice, grâce à l’espérance de vie qu’elle a placée dans la petite fille dénutrie que j’étais, j’ai pu connaître l’Amour véritable.

L’attachement, je l’ai vécu lorsque, pour la première fois de ma vie, je me suis sentie rejetée et exclue. Et par cette blessure, par ce malheur, j’ai pu comprendre qu’aimer, ce n’est pas posséder, mais c’est offrir, c’est respecter. Aimer c’est donner. Donner une autre chance, une autre vie.

Du rejet peut naître l’Espoir !

Et mon espoir, je l’ai connu à 3 ans lorsque deux jeunes gens, un homme et une femme à la peau claire et douce comme du coton, ont traversé un océan pour venir me retrouver, pour venir m’accueillir et m’apprendre à vivre. Pour devenir mes parents à jamais.

L’Amour véritable, c’est d’être capable de traverser des océans pour retrouver l’autre et lui offrir ce que l’on a de plus précieux : sa vie. 
L’Amour véritable, c’est offrir une chance, un espoir, c’est faire passer la vie de l’autre avant la sienne.
Le véritable Amour ne s’attend à rien mais espère tout.

Un jour, une personne m’a dit qu’elle avait cru que l’amour suffirait à combler le cœur écorché d’un enfant, mais qu’elle s’était trompée. Je ne pense pas que cela soit faux : l’Amour suffit. Mais parfois, la crème de la tendresse peut prendre du temps à agir sur un cœur profondément meurtri. Mais l’Amour suffit toujours. Car de l’Amour naît la confiance, le respect, le désir, la tendresse, la joie, la beauté, l’espérance… De l’Amour naît tout…

L’Amour surpasse tout !

Je suis aujourd’hui intensément aimée par ma famille. Mon cœur, qui a subi plusieurs blessures profondes, se remet petit à petit et je découvre avec joie qu’être aimé est réparateur, mais qu’aimer en retour est encore plus fabuleux. Partager l’amour avec l’autre rend tellement heureux et permet aussi de panser les cœurs brisés.

Certes, je ne suis plus vraiment cette petite fille aux yeux en amande, à la coupe de cheveux un peu garçonne qui a traversé les flots avec de nouveaux parents, mais je suis leur enfant et une partie de mon cœur se sentira toujours chez moi avec eux. En revanche aujourd’hui j’ai crée mon propre foyer…

Mes enfants et leurs petites têtes brunes, leurs sourires… Ah ! Que j’aime les voir rire et ô combien je vois dans leurs yeux scintillants l’expression de l’attachement profond qu’ils ont pour moi. Je suis leur foyer, leur sécurité, ils ont besoin de moi et je suis là pour eux. La vie me les a confié afin que je puisse les accompagner, les respecter et à mon tour leur offrir ce cadeau qu’est l’amour illimité. Mon but, ma mission ? Les guider sur le chemin de l’Amour inconditionnel afin de les voir à mon tour vivre ce grand A qui vient de plus haut…

Voilà l’Amour ! Voilà la magie ! Venir de si loin, traverser des eaux, être devenue fille d’une nouvelle patrie et construire, vivre, rêver, éduquer, offrir, espérer, devenir, grandir et surtout aimer, afin de rendre hommage à l’espoir que l’on a placé en moi, là encore par Amour

Comment vous parler de moi sans vous parler d’Amour ? L’Amour m’anime, il remplit ma vie et mon esprit. Jusqu’aux tréfonds de mon âme, l’Amour a pris sa place, sans lui ma vie ne serait que déséquilibre. J’ai besoin d’Amour autant que j’ai besoin d’air pour vivre. L’Amour est mon moteur et il m’accompagne depuis ma naissance…

Alors voilà pourquoi j’ose rêver, j’ose rêver en aimant…

Je suis Ninie et « I have a dream « 

Merci 😊

Oser rêver en écrivant

Alors voilà, on y est ! Mon premier billet, mes premiers pas… Je me sens comme au-dessus du vide, un élastique accroché à mes pieds, je ne risque normalement rien, mais la peur est là, tenace, réelle, intense, stressante. Reculer est inenvisageable, il ne me reste plus qu’à m’élancer, en espérant que le saut soit mémorable… 

J’ai toujours aimé les journaux intimes et j’en ai tenu plusieurs, j’y notais mes journées, mes déceptions, mes joies, mes peines, mes envies, mes amours, mes amitiés, chaque parties de ma vie y était scrupuleusement inscrites et détaillées. Mais ce que j’aimais le plus en réalité, c’était de les relire des mois ou des années après, car j’y retrouvais un goût de rêve, un goût de vie, j’avais l’impression de lire les écrits d’une fille que je ne connaissais plus, d’une autre moi et, pour les plus anciens, redécouvrir l’enfant que j’étais autrefois. J’ai encore aujourd’hui de vieux écrits que j’aime relire de temps à autre, je n’arrive pas encore à définir toutes les émotions que je ressens en les lisant, mais je dirais que j’ai une sensation de liberté, d’éternité même, comme si j’avais vécu plusieurs vies impérissables et qu’à la lecture de mes propres écrits, je me souvenais de passés perdus et oubliés.

Alors aujourd’hui je ne suis plus vraiment cet enfant qui griffonnait, dans un joli cahier décoré, entre une tartine de nutella et quelques leçons à réviser, ses émois et ses maux. Mais je suis cet enfant, devenu adulte par la force des choses qui, entre une bonne tasse de thé au jasmin et un macaron saveur pistache, tapote sur ce clavier afin d’y saisir de nouveaux mots. 
Pourquoi ? À quoi cela me sert-il ? Je dirais tout simplement que l’écriture me fait du bien, elle m’apaise. L’écriture me semble libératrice.

Et puis pouvoir s’exprimer sans être interrompue, transmettre sans devoir subir le regard direct de l’autre, n’est-ce pas une opportunité satisfaisante ? 

Je suis de celles qu’on peut qualifier de bavarde, j’aime échanger avec les autres, rire et papoter des heures durant, mais je crois que savoir s’exprimer n’est pas simplement savoir parler, ça va bien au-delà. S’exprimer, c’est s’ouvrir sur un sujet, un avis, une vie. J’admire les personnes capables de le faire aisément avec leur langue, car je me sens personnellement toujours maladroite avec celle-ci. J’ai toujours le sentiment que ma langue va me trahir. Alors que sur le papier, il m’est impossible de me sentir coincée, je peux toujours effacer et recommencer. Je préfère donc écrire et me délecter de ces mots que je peux ajouter ou corriger au gré de mes envies. 

Lorsque l’on écrit, c’est aussi une manière de parler sans s’y sentir obligé. Tu peux écrire la bouche pleine, avachie sur ton sofa ou bien même écrire les doigts dans le nez, lorsque l’on est lu, le lecteur n’y voit que des lettres qui forme des mots, des mots ronds et stables qui, à la suite les uns des autres, expriment un cœur qui s’épanche. L’écriture est mon expression et j’ai besoin de m’exprimer. 

Et puis écrire veut dire lire ! Et lire a de la saveur, lire a un goût d’espoir, car lire c’est rêver. Lire c’est s’envoler. Lire c’est aimer. Lire c’est vivre ! Lire c’est comprendre et découvrir, lire c’est savoir. Lire ce sont des histoires, passées ou inventées, qui nous sont relatées afin de ne pas oublier. Lire c’est de la magie déposée sur du papier. Lire est passionnant ! 

Je crois que vous l’aurez compris : j’aime lire. Je crois que cet amour de la littérature m’est venu de ma maman, qui lorsque nous étions petits, mon frère et moi, prenait le temps de nous transmettre ce plaisir de feuilleter de beaux albums illustrés à la bibliothèque communale de notre quartier. Quelle joie de découvrir de fantastiques histoires, il y avait autant de magie que de pouvoir au travers de ces livres, partir à l’aventure avec des ogres, des fées et autres créatures enchantées. Quel merveilleux souvenir que de savoir qu’enfant, ma maman prenait le temps de me faire rêver et quelques fois lors de jours gris, blottie sous ma couverture, je me rappelle avec nostalgie ces moments magnifiques. Et cela arrive de temps en temps qu’une petite larme, sans crier gare et venue du pays de mon enfance, court discrètement sur ma joue jusque dans mon cou. Une petite larme de joie, elle me fait un bien fou, car au travers de ces souvenirs je me sens intensément aimée. Je me sens en vie. Et cela n’a pas de prix !

De ce plaisir de lire est donc venu mon plaisir d’écrire, un plaisir qui a toujours été là, avec un rêve fou, enfoui tout au fond de moi et caché au secret de mon cœur : celui de pouvoir peut-être un jour raconter à mon tour des histoires sorties de mon imagination afin de transmettre, moi aussi, de l’espoir, de l’amour et du rêve. Et je pourrai alors m’exprimer au travers de ce que je créerai, mes mondes imaginaires prendraient vie le temps d’un instant, le temps de quelques pages, le temps d’un roman. Quel rêve délicieux pour la rêveuse que je suis !

Mais pour pouvoir faire ce qui nous fait vraiment envie, il faut oser. Oser se lancer. Oser rêver. Oser rêver en écrivant…

Je suis Ninie et « I have a dream ».

Merci 😊